Le grand Bara : je l'ai fait !!

Publié le par les py qui chantent

Le grand Bara : je l'ai fait !!

D’abord il y a la préparation : l’inscription, le mythe. C’est la fameuse course des légionnaires, 15 km, tout droit dans le désert, délimités seulement par un alignement de grosses pierres. On en parle avant même d’arriver sur le territoire. Parmi les choses extraordinaires à vivre, et tout particulièrement pour les coureurs, Le Grand Bara appartient aux courses mythiques, vivre deux ans à Djibouti sans y participer n’est pas envisageable. Très vite, la rumeur monte, on fait un peu d'esbroufe : « ah, tu fais le Grand Bara ?»...Et chacun y va de son anecdote, son organisation sur place, et bien sur son temps à l’épreuve...
Ensuite, il y a l’entrainement, et là le fantasme se confronte à la réalité : la course n’est pas mythique pour rien, il fait chaud, très chaud, bien trop chaud pour courir !! Forte de mes entrainements réguliers en France et des quelques courses à mon actif, je me suis un peu avancée. En vrai, il m’a fallu un mois d’acclimatation avant d’envisager de reprendre la course à pied ici. J’ai essayé de courir dehors, à la fraiche, et avant la nuit, c’est à dire en Novembre entre 17 et 18 heure... Je l’ai fait trois fois : courir dans le sable rouge et la poussière, au régiment d’infanterie, entre les chars et les palmiers ce n’est pas pour moi ; j’ai vite préféré la salle de sport climatisée du Kempinski !
Après il y a le campement, c’est là que l’aventure commence. On y pense plusieurs jours à l’avance, on s’organise avec d’autres familles, on prévoit le pic-nique et le matériel de camping. Le départ se fait la veille. Nous partons à quatre familles réparties dans nos 4X4, remplis de caisses, glacières, lits picot et vélos. La route n’est pas très longue, mais fastidieuse; on y croise aussi bien des pelleteuses toutes neuves de la fameuse marque au casque que des troupeaux de dromadaires (Manu a failli écraser des chèvres qui traversaient au dernier moment), et surtout beaucoup de gros camions de commerce car c’est aussi la route de l’Éthiopie. Puis, derrière la montagne, après le troisième virage à droite, le désert, rien, le grand vide, le sol de terre craquelée au soleil, et les nuages de poussière soulevée par le vent. Nous avançons jusqu’au campement du 5ème RIAOM qui marque aussi le début de la course. Les enfants retrouvent leur copains, et montent le campement pour la nuit (tant qu’il fait encore jour). Le soleil disparait en quelques minutes derrière l’horizon, juste le temps de rassembler les tables pour le diner. Chacun sort sa dinette, il y a des trésors à partager dans toutes les glacières, Kitry a du Mojito, Claire de la soupe, et chez nous Agathe a préparé des sablés au chocolat ...Comme il fait très nuit très tôt, nous sommes vite décalés dans le temps et donc couchés très tôt, heureusement car demain la course part à 6H00.
Enfin, c’est la course, il ne fait même pas encore jour que je me retrouve, à peine réveillée sur la ligne du départ, après avoir avalé un café et tenté de ranger un peu le camps. Je me sens toute petite entre Serge et Jean. C’est vrai que c’est impressionnant, un millier de coureurs au garde-à-vous, quatre mirages nous survolent dans un boucan invraisemblable pour signifier le départ : «ça y est ma fille tu y es !», j’en ai des frissons...Ça ne dure pas, le soleil est levé et commence vite à taper, les kilomètres s’enchainent avec leur lot de fatigue musculaire, la foule devant moi cache le chemin restant, des bornes rouges et blanches marquent le kilométrage...Heureusement mes enfants sont là, les grands m’accompagnent dès le début en vélo, Alexandre me rejoint avec Emmanuel en voiture pour m’encourager et m’arroser régulièrement dès le dixième kilomètre. (Avant, ils sont restés au camps admirer l’hélicoptère qui a décollé peu après le départ.) «carpe diem» : de part et d’autre le désert, au loin les montagnes, je prends conscience de ce que je vis et tente de l’apprécier à sa juste valeur : extraordinaire. Enfin, c’est l’arrivée, les drapeaux français et djiboutien nous accueillent, Agathe et Alexandre font les derniers mètres avec moi, je suis trop fière, je l’ai fait, et en plus dans les temps : 1H31 ! Et c'était vraiment top....enfin surtout l'arrivée, et le départ !!

Le grand Bara : je l'ai fait !!
Le grand Bara : je l'ai fait !!
Le grand Bara : je l'ai fait !!

Publié dans aventure, course à pied

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

psyelodie 06/01/2015 08:47

en vrai 1h30mn07s !!