une journée de travail ...

Publié le par les py qui chantent

Au mois de Septembre, je prends mes fonctions depuis quelques semaines, et rencontre petit à petits mes futurs interlocuteurs au fil de leur retour sur le territoire.

Ce matin, j'ai rendez-vous avec l'institutrice spécialisée de l'école primaire, nous avons déjà quelques suivis en commun, et elle m'alerte sur des situations potentiellement à suivre. J'ai préféré la rencontrer un lundi matin car c'est mon jour de 4X4 bus.

Réveil à 6 heures pétantes pour les parents, un pschitt d'eau thermale sur le nez, brossage de dents et tenue du jour : pantalon léger et chemisier, ou comment maintenir une fraicheur relative en couvrant un maximum de peau...Avant de descendre je réveille mes loulous les un après les autres, vérifie que les clims sont éteintes et les prises anti-moustiques débranchées, donne quelques conseils de tenues vestimentaires ( combiner chaleur, sport et classe n'est pas toujours évident quand on est une petite européenne de dix ans en Afrique!). Au rez-de-chaussé, j'ouvre portes et fenêtres dans l'espoir de faire circuler un peu d'air avant que le soleil ne chauffe (il me reste une grosse demi heure), et prépare le plateau du petit déjeuner que nous prendrons en famille dans la salle à manger.

A sept heures moins dix, tout le monde doit quitter la table, les grands pour finir de se préparer, le plus jeune pour monter en voiture avec les voisins. Il faut que je passe le portail à sept heures tapantes si je veux avoir le temps de faire le tour des petits copains et la route jusqu'à l'école avant que ne retentisse la sonnerie de 7h30 qui affole tant les filles. Le premier jour, je me suis laissée prendre par le temps et par ma fâcheuse tendance à discuter et suis arrivée au moment où cette fichue sonnerie retentissait ; trois groupes se sont alors scindés: les filles paniquées ont couru jusqu'au portail, les grands garçons ont continué leur chemin nonchalamment sur le même rythme, et moi j'ai tenté de faire accélérer les deux derniers dont le plus petit qui trébuchait avec ses tongs dans la poussière...

Arrive enfin l'ultime épreuve du tourniquet : pour des raisons de sécurité l'entrée des enfants se fait par un double tourniquet devant lequel les parents s'entassent pour un dernier bisou puis reculent en traversant la cohue de gamins agglutinés qui attendent leur tour de faire tourner ce portillon en tentant de ne pas y bloquer un doigt ou un cartable, et enfin rejoindre leur maitresse pour entrer en classe. Et l'épreuve du portillon est encore plus terrible à la sortie de l'école puisqu'à ce moment là les parents sont rentrés pour récupérer leur progéniture ( en gueulant leur nom au deuxième portail de chaque groupe classe, et moi j'ai quatre groupes à faire !), donc à la sortie la cohue regroupe adultes et enfants....bref, on est à la maison à 13h30...

J'arrive donc à huit heure heures, épuisée et transpirante, dans le bureau de l'institutrice spécialisée qui me brosse en quelques minutes un tableau concis et un peu inquiétant de la communauté d'expatriés qui vit en microcosme ici et sert de terreau aux moindres événements pour en faire des tragédies grecques!

Arrivée à l'hôpital, j'enchaine directement sur les consultations. En effet, normalement ma journée commence à sept heure, j'arrive le plus souvent vers sept heure trente pour rejoindre les autres médecins de l'hôpital qui se retrouvent aux urgences pour débriefer la nuit autour d'un café, mais ça, c'est les jours sans 4X4 bus. Ce lundi, je prends donc mes dossiers au secrétariat et file dans mon bureau ouvrir mes ordinateurs, dans l'espoir d'atteindre internet en attendant mes consultants. Internet ne fonctionne pas et mes consultants ne viennent pas. J'enfile donc ma tenue blanche de service pour aller voir les patients hospitalisés....

Sur le chemin mon téléphone me harcèle. La pédiatre veut me joindre pour organiser à la demande du directeur du lycée français un debriefing des élèves suite à une accident de la route où l'un d'eux a été blessé. Je pars en réa, où l'enfant est hospitalisé voir de quoi il s'agit....Entre temps le chef veut me joindre pour me parler d'un exercice d'évacuation, et de mon rôle dans cette simulation. Comment lui expliquer gentiment qu'en cas d'évacuation mon rôle sera auprès de mes enfants bien plus qu'à l'hôpital ? Après une heure en réa où j'ai vu l'équipe soignante et la famille du jeune, je rejoint enfin le service de médecine pour voir les patients hospitalisés. J'y croise le commandant de région et son successeur et en profite pour me présenter. Un troisième patient se rajoute sur la liste des consultations prévues. Je le vois puisque je le connais mais personne ne trouve son dossier. Le chirurgien qui a demandé un avis est au bloc; je repasserai demain. Je rejoins donc mon service, en passant par la chefferie pour rendre compte des demandes qui me sont faites d'intervenir au lycée. Entre temps coup de fil du cabinet de l'ambassade qui veut un rendez vous en urgence pour un proche d'un émissaire, on ne sait ni pour qui ni pourquoi, et pas aujourd'hui parce qu'il n'a pas le temps...

Tous ces trajets se font à l'extérieur, entre deux bâtiments climatisés, dans la cour de l'hôpital, poussiéreuse et ensoleillée; il fait au moins quarante degré, à mes pieds entre les cailloux je remarques des petits os blanchis, restes des repas des énormes corbeaux qui rodent en permanence dans la ville à la recherche de détritus....

Midi, j'entre dans le bureau du directeur de l'hôpital, qui lui aussi rentre de vacances et souhaite me rencontrer, il parle de lui, de son histoire, de ses expériences outre-mer; je parle de moi, de ma vie avant l'armée, des mes choix...Je quitte son bureau à 13h15 et constate que mon époux est aussi dans les murs, j'appelle les enfants pour leur dire de manger sans nous. Loula a préparé un repas djiboutien: carottes rappées, lentilles à la tomates et galettes de blé, un régal !

14heures, changement de décors, nous partons palmes sous le bras prendre notre premier cours de plongée, Arthur est avec nous, Agathe et Alexandre restent à la maison avec Loula. Départ de la pêcherie en navette vers les îles moucha et mascali, Nous sommes déjà allé sur ces îles la semaine dernière et y avons vu des poissons merveilleux. Aujourd'hui c'est différent, nous profitons de l'aquarium naturel pour apprendre les rudiments de la plongée, apprivoiser et préparer la matériel, se déplacer avec tout ça sur le dos et contrôler sa profondeur et sa respiration, apprendre les gestes de communications sub aquatique....Arthur s'éclate il est dans son éléments, de l'eau, du matériel, le bonheur ! Emmanuel aussi a beaucoup apprécié, il a même perdu son instructeur tellement il était accaparé par l'observation des fonds! Moi je suis plus mesurée, pas très à l'aise avec tout ce matériel, j'apprends, le prof est sympa et patient, Arthur se moque un peu, il profite ...Nous sortons de l'eau juste pour profiter du coucher du soleil, sur la mer rouge, magnifique!!

Retour à la maison en retard, nous devrions déjà être au Kempinski où nous sommes conviés à une réception, pour le trentenaire de La grande pharmacie de la corne de l'Afrique (!)

Heureusement que Loula est là, elle a déjà fait manger les enfants et va rester les garder ce soir, elle dormira dans la chambre du bas. Une douche rapide et une tenue descente ( je ne suis pas mécontente de sortir une jolie robe, des talons et du maquillage), et nous repartons en amoureux pour une petite soirée dans un palace, et un resto entre amis...

23heures, extinction des feux, je suis épuisée, mais quelle journée !!

une journée de travail ...

Publié dans travail, voyage

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psyelodie 02/12/2014 08:00

merci Nathalie pour les nouvelles de NDS, ce matin en ouvrant le frigo Arthur nous disait qu'il y faisait la même température qu'en France, je crois qu'il n'était pas loin de la vérité ...vous pouvez aussi vous faire une idée de la température chez nous en dinant dans votre cuisine avec le four ouvert !! bise des py

Nathalie Tricot 01/12/2014 11:38

C'est genial de lire sur votre vie exotique alors que je suis au bureau a regarder le temps froid et gris par la fenetre! J'attends avec impatience et trepidation le prochain episode de Djibouti (comme Dallas) ou Sous les Tropiques! Pour info a Talence les eclairages de Noel sont deja installes et allumes et apres les portes ouvertes ce weekend les enfants de NDS preparent le Telethon tout en ouvrant leur calendrier de l'avent le matin! Une bise aux Py de la part des Tricots