Aux trois frontières

Publié le par les py qui chantent

Aux trois frontières
Aux trois frontières

Comme l'année dernière, le week-end de l'Aïd nous a permis de nous échapper de la ville et de découvrir le pays. Nous avons eu la chance de pouvoir profiter de la présence de notre ami PH et de l'expérience du Général CB pour visiter les postes frontières, avec leurs postes de garde, jusqu'à la fameuse intersection des trois frontières : Djibouti Somalie Éthiopie.

Il fallait avoir l'estomac et les vertèbres bien accrochés car il s'agissait d'une grande journée de douze heures de 4X4, la plupart du temps sur piste et des fois même au milieu des cailloux de l'oued.

Notre première grande surprise a été de voir le désert du Grand Bara inondé par les orages de la nuit : la route coupait donc le paysage en deux, d'un coté le désert que nous connaissons, de l'autre un lac immense !

Le Général CB, grâce à sa connaissance du pays a pu nous faire passer par des endroits inaccessibles habituellement, s’arrêtant pour discuter sur le bord de la route avec les nomades, prenant certains en stop jusqu'au village le plus proche (enfin le moins loin).

Nous avons ainsi pu échanger avec un groupe de femmes qui venaient chercher de l'eau au puits, pour remplir des sortes d'outres en peau de chèvre qui reprenaient leur forme initiale sous le poids de l'eau.

Nous avons visité le fameux fort Assamo, à la frontière entre Éthiopie et Djibouti, et nous avons pu grimper jusqu'à la tour de garde avec les militaires locaux. Ces hommes sont en poste au fort pendant deux ans, ravitaillés une fois par semaine par leur collègues d'Ali Sabiéh, Ils étaient ravis d'avoir de la visite, de nous montrer leur lieu de vie, et d'accueillir les enfants. De tout là-haut, la vue s'étend sur les montagnes alentour et le village de réfugiés somaliens et éthiopiens dans la vallée : ils vivent dans des toukouls arrondis recouverts de toiles plus ou moins colorées.

Nous avons continué notre route par l'oued Hadâdou dont le milieu marque la frontière entre Djibouti et l'Ethiopie puis entre Djibouti et la Somalie. Nous sommes remontés jusqu'à Guistir, le poste des trois frontières, où nous avons déjeuné sur la terrasse du fort. Les enfants étaient ravis, ils ont beaucoup discuté avec les gardes, et se sont fait de nouveaux amis très bienveillants, comme l'a remarqué Alexandre : " Ils sont gentils les militaires, ils nous ont amenés voir la carcasse du porc-épic pour qu'on puisse récupérer des épines et ils m'ont promis que quand on reviendra ils me donneront des peaux de serpent pour faire une écharpe...il en faut quatre "! Dans le 4X4, les épines sentaient la charogne ...

Avant de partir les filles ont tenté une pause pipi. On nous a d'abord proposé des vrais WC ( à la turc quand même) dans le fort, mais là un vol de grosses bêtes noires a provoqué la fuite bruyante des demoiselles. Nous nous sommes donc rabattues sur les toilettes extérieures : un trou entouré de trois portes et d'un volet qui nous a rappelé une scène de slumdog millionnaire...

Après le troisième fort, Ali Addé, nous avons rejoint Ali Sabiéh puis la route (enfin!) jusqu'à Djibouti. Arthur, lui, a continué dans le pick-up du Général pour rentrer par la piste et voir la construction de la voie de chemin de fer chinoise avec ses ponts immenses. Ils ont crevé en route et ont donc changé une roue mais sont quand même arrivés en ville avant nous, c'est dire si ils roulaient vite (il faut avouer aussi que le groupe famille s'est autorisé une pause gouter!)

C'était une journée épuisante mais extra ordinaire, comme souvent en nomado ....

Aux trois frontières
Aux trois frontières
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Publié dans voyage

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grout 28/09/2015 13:23

magnifique épopée!!! bonne continuation marie laure

les py qui chantent 29/09/2015 07:27

merci Marie Laure,
je suis aussi tes aventures sur FB, et pense souvent à toi et tes petits loups,
bise