Sur ma route ...

Publié le par les py qui chantent

Un bus de ville

Un bus de ville

Sur la route du boulot, l'aventure commence dès la sortie de la maison : j’emprunte notre piste sablonneuse parsemée de sacs plastiques pour rejoindre la route principale, qui elle est goudronnée. Dans notre quartier les marchands ambulants transportent leurs articles sur le dos: tissus multicolores, housses de volant en moumoute et dans leur mallette des fausses montres et du produit anti moustique. Autour de la route principale les trottoirs sont partagés entre les cabanes de khat et les petites cantines de quartier, le plus souvent devant les écoles, où enfants et adultes viennent prendre un café ou un jus avec des œufs ou des kamirs... Aux croisements, Hassan, Omar ou Mussa proposent leurs étales de fruits et légumes : pastèques, tomates, oignons, bananes, oranges, mangues ... C'est le chemin que prennent Agathe et Arthur à vélo pour aller à l'école. En ce moment ils doivent contourner un semi remorque, garé là pour quelques jours, pour cela ils traversent un champs d'ordures où les biquettes se partagent le festin avec les corbeaux : les enfants passent au milieu...

Je continue ma route jusqu'à l'hôpital en maintenant le cap malgré les deux roues surchargés qui se faufilent entre les voitures. Les files de voitures évoluent dans le temps comme dans Harry Poter : la file deux et demi apparait lorsqu'un automobiliste impatient décide d'en doubler un autre sans se soucier de savoir ce qu'il y a en face, de toute façon ça passe (et effectivement le plus souvent ça passe!) Mais une file 3 1/2 peut aussi apparaitre quand les précédantes sont bloquées et qu'il faut que ça passe quand même, ou au feu rouge quand l'attente est trop longue...Le plus extra ordinnaire est d'observer ce qui se passe lors d'un embouteillage. Là, le moindre mètre carré est propice à un passage de voiture, entre deux files, dans le caniveau, voire sur le trottoir, ou le terre-plein central, car le 4X4 permet une inventivité hors du commun ! Et je ne parle pas des abords de l'école primaire où je risque l'accident voire l'infarctus chaque semaine...

Comme liant à toute cette "marmalade de voitures", l'absence de clignotant : jamais utilisé à dessein et remplacé par un signe de la mains nonchalant qui peut aussi bien vouloir dire "je passe", "je te laisse passer", "dépèche toi" ou "arrete toi" ...L'ambiance ne serait pas tout à fait là sans le chant des klaxons, qui crient en couleur ce que les clignotants ne disent pas : un petit coup pour prévenir que je passe, à gauche ou à droite, qu'il y ait la place ou pas, des grands coups quand le feu passe au vert et que la dixième voiture n'avance pas instantanément, en voiture ou en moto, "tut tut pouet pouet" ; ça chante à tout va !

Heureusement, l'oeil est distrait par le spectacle des véhicules décorés à la mode locale ; étui en skai coloré pour les rétro-viseurs et les essuie-glaces, plumes d'autruches sur les bus, éclairages en tout genre sur les taxis, grafitis sur les camions....On peut aussi croiser des touk-touk, (des petits utilitaires Piago sur trois roues qui peuvent transporter une famille), quelques charettes tirées par un âne, et même des dromadaires...

Lorsque l'on sort de la ville, on se confronte aux camions, toujours immenses, surchargés, et en fil indienne. Ils remontent péniblement la route jusqu'à Ouéha en se dépassant à tour de rôle, et peuvent contempler sur le bas côté les carcasses de leur prédécesseurs malchanceux. Mais là, c'est Monsieur qui conduit ...

La route de Ouéha

La route de Ouéha

le camion de poubelle qui fait le tour du quartier en chantant ...!

le camion de poubelle qui fait le tour du quartier en chantant ...!

Publié dans vie quotidienne

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